LE SIEGE DE LA ROCHELLE


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Henry-Paul Motte, bien qu'élève de Jean Léon Jérôme est loin d'être le peintre historique le plus célèbre de son époque, il est pourtant l'auteur d'une œuvre connue, pour le moins partiellement, de chacun d'entre nous, celle représentant Richelieu hiératique, sur la digue battue par les flots, et accessoirement par les boulets, du siège de La Rochelle en 1628. C'est cette scène qui a inspiré la nouvelle série de figurines plates en 30 mm. éditée par les quatre BFPQ.

Cette série est constituée de cinq personnages (gravés sur les deux faces), un plot et trois estacades (gravés une face). Dessins de Rieger et gravure de Werner Otto

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Mais un peu d'histoire pour expliquer la scène.

Pour comprendre la situation, il faut remonter en 1598, Henry IV vient de signer l'Edit de Nantes qui pacifie le royaume en mettant un terme à 36 années de guerres de religion. Ce texte qui accorde aux protestants la liberté de culte et l'égal accès aux charges et dignités leur octroie 51 places de sûreté, dont La Rochelle constitue l'une des plus importantes, garantissant le respect de leurs droits. Mais en 1610, Henry IV est assassiné et la régente, Marie de Médicis, prend le parti des catholiques qui entendent revenir sur les concessions faites aux protestants. Louis XIII, très pieux adoptera la même politique. Progressivement, les places de sûreté sont reprises, déclenchant des révoltes huguenotes dès 1621.

La Rochelle, principale place forte protestante proclame même son indépendance avec la création d'un « Etat protestant » en 1621. Plusieurs affrontements terrestres et navals aux fortunes diverses opposent les armées royales aux forces huguenotes jusqu'à la paix de Montpellier, signée en 1622, qui confirme l'Edit de Nantes, mais ne laisse aux protestants que deux places fortes, Montauban et La Rochelle. Les hostilités reprennent cependant dès 1625 jusqu'en février 1626 avec la signature de la Paix de La Rochelle qui renouvelle celle de Montpellier.

En 1624, Richelieu entre au Conseil du Roi et il organise son programme selon trois axes, comme il le précise dans son testament politique de 1638 : « Je lui promis d'employer toute l'autorité qu'il lui plaisait de me donner, pour ruiner le parti huguenot, rabaisser l'orgueil des Grands, réduire tous ses sujets à leur devoir et relever son nom dans les nations étrangères au point où il devait être. »

La prise de La Rochelle va, dès lors, devenir l'un de ses premiers objectifs et ce, d'autant plus que les Rochelais reçoivent en 1627 le soutien du roi d'Angleterre, Charles Ier, moins d'ailleurs pour des motifs religieux que dans le dessein d'affaiblir la France et sa puissance maritime. Une première expédition anglaise commandée par Buckingham (cf. les Trois Mousquetaires) échoue en novembre 1627 à s'emparer de l'île de Ré, verrou maritime de la Ville. Richelieu peut alors ordonner le siège de la cité huguenote.

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La Rochelle est une place bien fortifiée difficile à prendre, aussi, le cardinal décide-t-il de faire tomber la ville d'épuisement en s'inspirant du siège de Tyr par Alexandre. A cette fin, il fait construire, côté terre une ligne de circonvallation de 11 forts et 18 redoutes et du côté mer, il fait édifier une gigantesque digue de près de 1500 mètres haute de vingt et fermant le chenal d'accès au port. Elle est protégée du côté mer par une rangée de 200 navires enchaînés, lestés et coulés et défendue par des estacades (pieux destinés à empêcher l'abordage) et des canons. De plus, une flotte lourdement armée monte la garde.

Deux expéditions navales anglaises ne peuvent briser l'encerclement et la ville agonise lentement, malgré l'expulsion des femmes, enfants et vieillards que les troupes royales laisseront mourir entre les lignes. Le 28 octobre 1628, la ville capitule, de ses 28000 habitants, seuls 5500 auront survécu.

Louis XIII rétablit le culte catholique et fait raser les fortifications terrestres. Le 28 juin 1629, la Paix d'Alès prive les protestants de leurs privilèges et places de sûreté mais leur garantit la liberté de culte.

Les huguenots sont soumis au pouvoir royal, Richelieu vient de réaliser la première étape de son programme. La journée de Dupes et les exécutions de Cinq Mars et de Thou consacreront la seconde, alors que l'engagement direct de la France dans la guerre de Trente Ans en 1635 lui permettra de concrétiser, « post mortem », la troisième.

Peut-être une source d'inspiration pour de nouvelles séries ?

 Sources : Dictionnaire Mourre, Histoire de la France de Duby, le siège de La Rochelle in Champs de bataille n° 38.

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La série, au prix de 15 euros plus port et emballage, est disponible chez :

- M. Philippe Fourquet 2 rue Woelfelin 68000 Colmar

- Herr Reinhold Pfandzelter, PanoramaWeg 3,   D 56317 Urbach/westerwald

-Vous trouverez également cette série, cet été, sur le stand de l'AFCFEF à la foire de Kulmbach

 

Philippe                

Hommage à Klaus J. Hoffmann

         Il y a quelques semaines, peu avant notre salon de Lunéville, nous avons appris le décès de Klaus J. Hoffmann.

          Pasteur, figuriniste globe trotteur, Klaus était membre de l’association de Coblence. Il était de toutes les manifestations que nous organisions et on se souviendra de sa bonne humeur et de sa gourmandise (il avait, parait-il, mangé sa meilleure tarte au pommes il y a quelque temps à Haguenau !!! –souvenir personnel-).

          Il y a quelques années, suite à notre exposition à Saint-Privat, il avait rédigé un article pour notre éphémère bulletin et je souhaite aujourd’hui le publier sur ce site en forme d’hommage à notre ami disparu.

 

Prisonnier de guerre – Jouy Aux Arches 1870

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Ce n’est pas seulement que le module et la carte postale exposés à Saint Privat  m’avaient plongé dans une réflexion profonde. J’étais même curieusement touché ; au plain milieu d’une guerre assez sale (cf. par exemple le chronique « Fröschweiler Chronik. Kriegs und Friedensbilder aus dem Jahr 1870 von Karl Klein, ehedem Pfarrer zu Fröschweiler im Elsass », nous butons sur une scène humaine qui m’a bouleversé. Bien entendu, la littérature nous a fait le récit d’autres exemples de respect mutuel et de philanthropie par les deux parties, mais cette scène m’a intrigué à tel point que, lors de notre retour, j’ai dit à mon ami figuriniste Reinhold Pfandzelter : « j’aimerai bien colorer cette scène. Mais où se procurer les figurines et surtout la carte postale permettant de créer l’arrière fond ? ». Mon ami m’a promis de s’en occuper.

Mais quelle surprise lorsque M. Pfandzelter m’a apporté et les figurines et la carte postale à l’occasion de la rencontre des collectionneurs du 9 décembre 2000. La discussion s’est tout de suite déchaînée : Qui est l’officier avec son monocle ? Si l’on en croit la carte postale qui ne montre que le dos des officiers, il doit s’agir d’un uhlan. Mais la figurine éditée par Tobinnus n’avait ni l’ulanka, ni les épaulettes. Elle ne portait qu’une tunique droite.

Justement une semaine auparavant, j’avais commandé chez un bouquiniste un catalogue à prix réduit sur une exposition vouée au peintre historique allemand Anton Von Werner, qui avait eu lieu à Berlin en 1993. Le livre m’a été livré deux jours après notre réunion de collectionneurs. Je feuillette et, la surprise me frappe ; à l’origine, la scène se basait sur un tableau créé par A. Werner, dont j’avais une reproduction en couleurs magnifiques sous les yeux, représentée sur deux pages en 48 X 30 cm.. J’ai eu un cri d’extase ! Feu vert pour mon entreprise. La question de l’officier était résolue elle aussi. Selon Werner, il s’agissait d’un uhlan avec parement de manche, collet et ruban de bonnet en couleur jaune.

Trois semaines plus tard, j’avais terminé le diorama. En libre adaptation de la toile de Werner, les cinq figurines de Tobinnus avaient été complétées par quelques soldats en bivouac et par un charriot d’approvisionnement avec cheval. Il ne restait plus qu’à faire la reconstitution exacte du vieux Jouy Aux Arches avec son viaduc et de présenter le tout aux amis collectionneurs à l’occasion de la prochaine réunion, le 13 janvier 2001 à Coblence.    

Il est évident qu’une figurine plate, une fois produite, ne se prête que rarement aux modifications. J’ai passé trois jours environ à me casser la tête pour savoir comment j’allais transformer l’officier normal en uhlan. S’il était possible de lui refaire une ulanka en râpant doucement les boutons du milieu et en lui traçant une ulanka à double rangée de boutons, la reproduction des grandes épaulettes profilées n’était plus envisageable, il faudrait avoir une nouvelle figurine.

Au milieu de ces réflexions profondes, je me suis ms à relire l’historique de la création du tableau. C’est ainsi que j’ai obtenu le renseignement et la liberté d’action quémandée. Il faut savoir que le tableau représente une scène librement conçue par l’artiste. Le peintre l’a arrangée de cette manière en choisissant à son gré les personnages qui entouraient le couple. Alors je pouvais faire de même pour mon arrangement et mon diorama. Concernant la figurine en question, j’avais le droit de me munir d’un autre officier et d’honorer ainsi la proposition de Tonnibus.

Cet officier appelé à bien s’intégrer dans le milieu des figurines existantes, je l’ai trouvé en feuilletant l’album des cigarettes « Sturm »[i] ; « Deutsche Uniformen » Tome 1 (1864 -1914). A mon avis, un second-lieutenant du bataillon poméranien de chasseurs n° 2, était parfaitement adapté à mon projet. Ce bataillon a participé, en 1870, à la bataille de Gravelotte – Saint-Privat et à l’encerclement de Metz. Il s’est fait une réputation de bravoure qu’il a manifestée lors de l’investissement de la ferme Saint Hubert. Vu mon penchant pour les chasseurs (j’étais chasseur moi-même), je lui ai fait une tenue verte avec les insignes correspondants.

En effet,  l’arrière fond historique du tableau est le suivant : l’évènement, bientôt devenu légende et souvent rapporté dans les salons prussiens, a, d’une façon ou d’une autre, atteint le cœur du peintre Von Werner qui ne trahit pas sa source. Mais il insiste sur le fait qu’il s’agit d’un évènement réel qui a été représenté.

Incité par la princesse Wilhelmine de Baden, il a créé dès l’année 1871, un brouillon en aquarelle. En 1885 seulement, suite à une randonnée à Metz, Ars /Moselle et un détour par Jouy aux Arches (dont il fait une esquisse le 25 août sur fond de son aqueduc), il a commencé  sa toile à l’huile au format de 106 X 157 cm, qu’il a terminé en octobre 1886. Il l’a nommé « Devenu prisonnier de guerre »

La terre très boueuse et creusée de la rue du village fait penser que l’évènement remonte à l’automne 1870 (mois de septembre ou d’octobre) riche en pluies, période qui a précédé la reddition de la forteresse de Metz. Le 25 août déjà, le général Steinmetz avait transféré son quartier général à Jouy aux Arches. Représentés en couleur bleue, les soldats en bivouac rappellent un peloton d’une compagnie de service attaché à l’état-major, confirmant mon hypothèse.

Tout cela est fait pour apaiser la conscience de l’amateur de la coloration de figurines d’étain. Quand je contemple la scène et me plonge dans le vif de la situation, mes pensées me portent plus loin. Me souvenant de mon propre destin de prisonnier de guerre en 1945, je me demande où l’on a mené ce fantassin français ? Qu’est-ce qu’il est advenu ? A-t-il bientôt pu rejoindre sa femme et son enfant ? Y-a-t-il peut-être des descendants vivants à Jouy aux Arches ? Ou n’est-il pas plus probable que cet épisode de guerre ne relève que du domaine des légendes et des anecdotes conçues pour minimiser les horreurs de la guerre, comme l’a cru bon de prétendre un censeur à l’occasion de l’exposition de 1993.

Pour mon compte, la joie de construire une scène historique n'a que très rarement été plus complète

Klaus J. Hoffmann

 

 



[i] « Sturm » était une entreprise de cigarettes allemandes connue qui, en guise de mesure de promotion, donnait des images susceptibles d’être collées dans un album.

Les spahis de 1830 à 1871

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C’est pour des raisons de politique intérieure, que le gouvernement de Charles X décide d’aller chercher la « gloire » par un succès militaire en Afrique du Nord. Les prétextes avancés sont la dette persistante, les actes de piraterie et l’insulte faite en 1827 au consul de France par le dey d’Alger. C’est une armée puissante forte de 37 000 hommes commandés par le comte de Bourmont qui débarque le 14 juin 1830 dans la baie de Sidi-Ferruch.

               Mais dès la première année de conquête, la monarchie de Juillet demande au successeur du comte de Bourmont (rentré en France après la chute de Charles X), Clauzel, de réduire le coût des forces expéditionnaires, tout en autorisant le recrutement local. C’est ainsi que sont créées, en octobre 1830, les premières unités de zouaves montés qui sont à l’origine des spahis. La naissance de ces premières unités recrutées localement, pour pallier au coût élevé de l’entretien sur place de troupes amenées de France, concrétise la naissance de l’armée d’Afrique.

L’origine des régiments réguliers remonte donc aux premiers mois de la conquête de l’Algérie, ils ont émergé de part la volonté d’un dénommé Yusuf et d’un officier français arabisant, le commandant Marey de Monge. Yusuf est une figure « pittoresque et impitoyable », il est né vers 1808 à l’île d’Elbe. Enfant il a été enlevé par des pirates barbaresques, vendu au marché aux esclaves il est élevé dans la foi musulmane. Lors du débarquement français, il propose ses services au comte de Bourmont dont il devient l’interprète. Il se fait fort de rassembler un bon nombre d’anciens cavaliers turcs du dey et de former un corps de cavalerie indigène au service de la France. Avec ses cavaliers, il sera de tous les combats de la conquête, naturalisé français il termine sa carrière général de division et meurt à Cannes en 1866.

            C’est autour de ces deux hommes que vont naître les premières unités de spahis. Ce terme va désigner, pendant plus d’un siècle, les régiments de cavaliers indigènes de l’armée française. Le terme spahi s’applique à tout auxiliaire indigène ou soldat mercenaire monté et il illustre clairement l’origine asiatique du mot cipahi qui va devenir par déformation « sipahi » puis spahi. Les Turcs désignaient par ce terme les cavaliers qui servaient dans le corps des cavaliers turcs du dey d’Alger.  Par la suite, cette appellation est officiellement adoptée par les régiments de cavalerie indigènes recrutés par la France en Afrique du nord. 

C’est en 1834 qu’est créé le premier régiment de cavalerie légère de spahis réguliers à Alger, d’autres vont être créés par la suite à Bône puis à Oran. En 1841, les trois régiments sont regroupés en un seul corps de spahis de 20 escadrons commandé par le lieutenant-colonel Youssouf. Ce n’est qu’en 1845 que l’organisation des spahis prend une forme plus durable, les 20 escadrons sont répartis en trois régiments : le 1er spahis dans la province d’Alger (tombô rouge), le 2ième spahis dans celle d’Oran (tombô blanc) et le 3ième spahis dans celle de Constantine (tombô jaune). La différence au niveau des tenues sera le changement de couleur des tombôs sur les boléros : rouge pour le 1er RS, blanc pour le 2e RS et jaune pour le 3e RS.

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Les spahis sont engagés dès leur création dans les combats pour la conquête de l’Algérie. Ils vont être constamment présents dans les différentes opérations qui jalonnent la conquête de l’Algérie  de 1830 à 1864. En mai 1843, plusieurs escadrons de spahis participent, sous les ordres du duc d’Aumale, à la prise de la Smala d’Abd el-Kader. Le courage et l’audace qu’ils déploient lors des combats sont exemplaires. En août 1844, à la bataille d’Isly sous les ordres du maréchal Bugeaud, ils mettent en déroute 25 000 Marocains. Lors de cet affrontement, ils démontrent qu’ils ne sont pas seulement une troupe de coups de main mais qu’ils font dorénavant partie des meilleures unités de la cavalerie française. Après la bataille, Isly sera inscrit sur les étendards du 1er RS et du 2e RS. Après cette date, le temps des grands engagements est passé pour les spahis en Algérie. Ils vont être employés à la pacification de l’Algérie et à la soumission des dernières tribus qui ne voulaient pas accepter la domination française. Cette tâche va durer jusqu’en 1864.

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En plus du travail de pacification qu’ils effectuent en Algérie, les spahis sont  engagés lors d’opérations militaires extérieures.  En, 1854, un escadron de marche est formé à partir des trois régiments existant, il participe à la guerre de Crimée. Un escadron du 2e RS participe à la campagne de Chine en 1860, il s’illustre à plusieurs reprises contre la cavalerie tartare.

En raison de la grande estime qu’il porte aux spahis, l’empereur Napoléon III décide qu’ils doivent être représentés au sein de la Garde Impériale. 150 spahis issus des trois régiments vont faire partie de cette troupe d’élite.

Après avoir tant lutté sur le sol africain pour consolider la domination française, les spahis sont appelés à se battre en France pour la défense du sol métropolitain. Dans un contexte difficile, ils ont une conduite exemplaire et s’illustrent aux affaires de Meaux, Nanteuil-le-Haudouin, Patay, Savigny… Lors de la retraite de l’armée de Chanzy en janvier 1871, ils constituent l’arrière garde de la troupe et combattent face aux uhlans et aux dragons prussiens qui harcèlent les troupes françaises.

En 1871, les spahis sont définitivement entrés dans la légende, ils vont constituer jusqu’en 1962 une troupe redoutable et redoutée.

 

 

 Uniformologie

 

L’officier Français de spahis sous le Second Empire d’après le règlement de 1858 (Le règlement de 1858 entérine définitivement des usages en pratique depuis le début des années 1850):

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            Tenue

·         Dolman ou spencer orné de six brandebourgs (dans la pratique il y en a sept depuis son adoption en 1842)

·         Fourragère en soie noire

·         Galons de grade couleur or

·         Képi bleu de ciel avec tresse de grade, fausse jugulaire et nœud hongrois sont couleur or

·         Ceinture en soie cramoisie, glands et coulant en or

·         Pantalon bleu de ciel à bande rouge très ample se resserrant en bas

·         Pantalon de route garni de fausses bottes noires

·         Caban en drap bleu de ciel, doublé de garance, avec tresses noires et galons de grades en or

·         Capote de petite tenue bleu foncé en forme de tunique, sans plis ni fronces, avec parements et pattes de collet garance

·         Ceinturon de grande tenue composé de cinq bandes bleu de ciel et de quatre en or, plaque carrée dorée et timbrée d’un croissant et d’une étoile entre deux feuilles de laurier

·         Ceinturon de petite tenue en cuir noir verni avec la même plaque

·         Dragonne de grande tenue en soie noire, gland et coulant en or

·         Dragonne de petite tenue entièrement en cuir noir verni

           

Sources :

-          A. Clayton, Histoire de l’armée française en Afrique 1830-1962, Paris, Albin Michel, 1994, 553p.

-          Collectif , Carnet de la Sabretache : les Spahis, Paris, La Sabretache, 1982, 55p.

-          Général (C.R.) R. Huré, L’Armée d’Afrique 1830-1962, Paris, Lavauzelle, 1977, 482p.

-          Colonel (H.) R. Noulens, Les Spahis cavaliers de l’armée d’Afrique, Paris, Musée de l’Armée, 1997, 168p.

 

Matthieu

Week_end de la Pentecôte 2007 en Allemagne

Depuis plusieurs années, notre association est jumelée avec le club de figurinistes de Coblence. Depuis plusieurs années, les échanges se déroulent au mieux, nos amis d'Outre-Rhin envoyant toujours une belle délégation avec de superbes réalisations à toutes nos manifestations. Mais depuis plusieurs années, l'actuel président du « Zinnfigurenfreunden Koblenz » était frustré de ne pouvoir « renvoyer l'ascenseur » et pouvoir accueillir des français en Rhénanie.

 

Ce fût donc certainement une grande satisfaction pour lui de pouvoir organiser un week-end franco-allemand au printemps 2007, même si la délégation française ayant répondu à l'invitation ne fut pas très nombreuse.

 

Le soleil était au rendez-vous de ce samedi après-midi. La route ne fut pas très longue pour nous, mais ce fut très agréable de se retrouver, avec nos hôtes, autour d'un traditionnel « café - Kuchen » d'accueil au mess du régiment où était affecté Reinhold.  La suite de l'après-midi fut consacrée à la visite de la citadelle Ehrenbreitstein surplombant le confluent du Rhin et de la Moselle. Un merci particulier est adressé à Reinhold qui,  armé de ses fiches, nous a servi de guide et a rendu cette visite fort intéressante.  

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Le groupe franco-allemand lors de la visite de la forteresse Ehrenbreitstein                  

 

Puis ce fut le retour au mess qui nous avait accueilli plus tôt dans l'après-midi, pour une sympathique soirée qu'on pourrait définir de « dîner-exposition ». En effet, dans une grande salle, était disposées, autour de la table centrale destinée au repas, contre les murs, plusieurs tables où chacun a pu disposer ses réalisations qu'on a pu admirer pendant l'apéritif qui fut également l'occasion des discours (-Il faut que je pense a travailler un peu plus le mien la prochaine fois ! -) et de l'échange de cadeaux.

 

Tous les deux ans, la petite ville de Kaub, également célèbre pour son château barrant le Rhin romantique, organise le « Bluchertag ». La bourgade est alors envahie par des troupes napoléoniennes ou prussiennes qui reconstituent (au printemps) la fameuse journée du 1er janvier 1814 qui a vu le passage du Rhin par les troupes de Blucher à la poursuite de l'armée de l'empereur Napoléon 1er.

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Le deuxième jour de notre week-end fut donc consacré à cette manifestation au cours de laquelle, nous avons même pu rencontrer le Feldmarchal Blucher en personne au détour d'une salle du musée qui lui est consacré. 

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                   Le groupe franco-allemand ntourant le Feldmarchal

Que dire encore de cette soirée dans une vinstub de la vallée de la Moselle où nous avons pu goûter les vins du même nom et la cuisine locale dans une ambiance plus que conviviale telle que la connaissent les habitués du pèlerinage en Franconie. On connaissait jusque là plutôt la bière de Kulmbach, mais ce soir là, la fraîcheur de la cave aidant, on a pu apprécier (avec modération !) le vin de Moselle.

 

 

Le lundi matin, après un rapide tour de la ville (pluie aidant !), il était déjà temps de se séparer. Il ne restera à la délégation française que d'excellents souvenirs de ce week-end  durant lequel l'efficacité de l'organisation allemande s'est vue confirmée. 

 

Un conseil pour terminer ; la prochaine fois que nos cousins germains organisent un week-end, allez-y nombreux, vous ne serez pas déçus !!

                                                                                             Jean-Luc

L'APPRENTISSAGE DU METIER DES ARMES A LA FIN DU XIII° SIECLE

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L'apogée de la chevalerie se situe au XII° et au XIII° siècle. Le combat à cheval est réservé à une élite guerrière qui se confond avec la noblesse toute entière. Pour pouvoir devenir chevalier, il faut être issu d'un lignage reconnu et suivre un entraînement rigoureux ; on apprend à monter à cheval avant 12 ans,  après c'est trop tard !! et l'on s'initie au maniement des armes auprès d'un chevalier expérimenté, un parent ou un ami, parfois assez loin du château familial.

Comme l'essentiel du combat s'effectue sous la forme de charges au galop contre un adversaire de même puissance, en se servant d'abord d'une lance puis d'une épée, cette formation privilégie l'équitation et l'escrime. L'exercice de la quintaine (représentée ici) consiste à toucher une cible montée sur un axe pivotant, en esquivant la masse d'arme déplacée par l'impact. Il s'agit donc de s'habituer à l'accélération et au choc et à maîtriser ses réflexes. Le futur chevalier porte d'abord le titre d'écuyer puis reçoit son équipement personnel et sa « qualification professionnelle » au cours de la cérémonie de l'adoubement aux alentours de ses 20 ans. Ce rite est, au départ, profane, mais l'Eglise s'efforce de lui donner un sens religieux à partir des valeurs chrétiennes (Paix de dieu, trêve de dieu, croisade ...).

 

Les guerres entre chevaliers sont relativement peu nombreuses et ne font guère de victimes dans leurs rangs ; on se bat entre « portifs », pour la rançon et l'honneur. Les tournois (qui sont des simulacres de bataille) ou les joutes (qui sont des duels à cheval) peuvent avoir le même résultat. A la fin du XIII° et au début du XIV° siècle, ils sont l'illustration la plus parfaite de cet art de la guerre à la fois très brutal et très codifié. Les miniatures du célèbre Codex Manesse de Heidelberg (1er tiers du XIV° siècle) en sont les représentations les plus fameuses ( http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/cpg848)

 

Dessiné par Francis Quiquerez et gravé par Daniel Lepeltier au standard de 45 mm, la saynette proposée ici réunit Conradin de Hattstatt encore adolescent, son père ; le chevalier Conrad Werner et un valet.

Ces personnages sont bien connus.

Conrad Werner ; bailli impérial d'Alsace vers 1280, est un grand seigneur de la région de Colmar, maître du château du Pflixbourg et possède également des fiefs dans le duché de Lorraine, notamment La Bresse et Gérardmer. Son gisant se trouve dans l'église des Dominicains d'Unterlinden à Colmar.

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En 1285, il conduit son fils au tournois de Chauvency (dans la Meuse actuelle) ; c'est son entrée dans le monde des champions. Le poète Jacques Bretel en a donné un récit en vers dans un manuscrit enluminé conservé à Oxford.

Corandin affronte le sire de Briey. Au début du combat, son père l'apostrophe dans ces termes : « Si tu ne fais pas la besogne, je t'interdis de revenir à la maison, je te chasse de chez moi pendant un mois ». Le choc est brutal, les deux cavaliers tombent à terre, On les croit morts, ils se relèvent, et le poète de conclure en s'adressant à l'assistance féminine : «  Voyez Mesdames dans quel état se mettent ces chevaliers. C'est pour vous qu'ils risquent leur vie et dépensent leur fortune, et sont en péril de mort. Et tout cela pour conquérir votre amour ».

 

Les armoiries des sires de Hattstatt étaient « d'or au sautoir de gueules » ; composées d'une croix de Saint André rouge sur fond jaune. La famille était très ramifiée. La branche de Conrad Werner se distinguait des autres par une étoile noire dans la partie supérieure (au chef) de l'écu. Les différents membres de la famille se reconnaissaient aussi à leur cimier « individualisé ». Le heaume de Conrad Werner était surmonté d'une tête de chien comme le montre son gisant.

Les Hattstatt étaient fiers de leur chevalerie. Plusieurs d'entre eux portent des noms de héros de roman arthurien (Gauvain par exemple) Conrad Werner et son fils ont pris part à différentes campagnes militaires, notamment en Bohème et en Flandres.

 

Georges B.

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Les membres de l'AFCFEF lors de la visite du musée Unterlinden effectuée à l'occasion d'une "Master classe" en 2007