HOMMAGE A CHRISTIAN

 

Le 1er août dernier, Christian nous quittait, rejoignant les grands Maîtres qui l’avaient initié dans l’Art de la peinture des figurines historiques.

Devenu lui-même très tôt un « Maître » de la peinture « fine » il nous éblouissait par la qualité des ses œuvres, donnant à chaque figurine une personnalité peu commune.

Christian réalisait également des petites figurines de 20 mm dites de « Kriegspiel » qui, réunies en plaquettes donnaient à la fois un effet de masse digne de tableaux de scènes de batailles et une impression de relief grâce à un style bien particulier de peinture.

Christian Terana faisait aussi des aquarelles, il « habillait » à la demande les planches noir et blanc de divers auteurs comme Boisselier, Zweguintzow, Louis de Beaufort etc.…

 Christian s’était aussi lancé dans l’édition ou la réédition d’ouvrages anciens, les Susane, les Boppe, les Fieffe, les Sauzey … ainsi que de nombreuses planches.

 Il fournissait les collectionneurs de figurines plates de 10, 20 et 30mm venant de moules de divers graveurs sur toutes les périodes et en particulier celles allant de la Guerre de Trente Ans à celle de 1870.

 Christian a également fait partie d’un groupe de « kriegspieleurs » celui de Pierre Fouré et était un redoutable joueur.

 Christian a été de très nombreuses années membre et administrateur de la Sabretache après l’avoir été de la SCFH. Il en a été le distingué bibliothécaire.

 Il était connu et reconnu de tous. Chacun l’appréciait. Il était au centre du monde des figurinistes et collectionneurs de figurines historiques comme le catalyseur de ce cercle somme toute très restreint.

 Christian était familier des grandes expositions et bourses aux figurines : Kulmbach, Lunéville … où il participait, exposait et vendait.

 Il acceptait volontiers, pour les collectionneurs éloignés de Paris, de les représenter à Drouot, ou bien de leur ramener des figurines de Kulmbach tous les deux ans. Très discret et d’une grande pudeur, Christian était très à l’écoute et toujours prêt à rendre service.

 Dans son petit atelier, boulevard Kellermann, Christian peignait des figurines historiques le matin face à sa fenêtre à la lumière du jour 4 à 5 heures. Le mois de juin, avec sa belle lumière, était réservé à la très belle peinture fine. L’après-midi à droite de sa fenêtre pendant 4 à 5 heures, il « habillait » les planches qui lui étaient confiées.

 Christian travaillait sur toutes les époques, mais la Guerre de Trente Ans avait sa préférence et de loin.

 Il a consacré toute sa vie d’Artiste à l’histoire vue sous l’angle de la « couleur », la représentation des soldats et de leurs uniformes n’étant pas dépourvue d’harmonie, bien au contraire.

Christian Terana est parti rejoindre les anciens dont il est devenu l’égal : Douchkine, Boisselier, Rousselot, Leliepvre ainsi que tous les figurinistes et collectionneurs de figurines historiques qui nous ont précédés.

Luc Demazure

 

 

TRISTES NOUVELLES

Nous avons appris samedi la disparition d'un véritable ami de notre association. Christian Terana répondait présent à chacune de nos sollicitations pour nos salons. C'est une perte réelle dans notre petit monde, il était un peu le fédérateur des vieux, et moins vieux, collectionneurs de toute la France, notre trait d'union. Son érudition, sa profonde connaissance du monde de la figurine, sa disponibilité et sa gentillesse vont laisser un grand vide et, la semaine prochaine, nous ne verrons pas sa silhouette un peu voûtée arpenter nerveusement les travées encombrées du chapiteau de Kulmbach.

... et comme une mauvaise nouvelle ne vient jamais seule, dimanche, c'est la disparition de Sheperd Paine qui était annoncée. Qui parmi les plus anciens d'entre nous n'a pas rêvé devant les photos de ses figurines dans le catalogue Historex ?

 

KULMBACH 2015

L'AFCFEF sera présente du 7 au 9 août prochain

à la bourse internationale de la figurine

Rendez vous, comme d'habitude depuis quelques années dans la Stadthalle

où vous découvrirez nos deux nouveautés

Montcalm

Bayard

 

A noter que cette année, l'exposition temporaire de la Plassenburg est consacrée à la marque mythique Heinrichsen

LE SYNDROME POST-TRAUMATIQUE KULMBACHIEN

 

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Le cabinet est austère, plongé dans la pâleur des rideaux tirés. La situation pourrait être banale : je suis allongé sur un divan, le thérapeute est assis près de moi et prend des notes. C'est un lacanien, tendance saucisse de Franckfort.

- C'est votre généraliste qui vous envoie. Dans son courrier, il m'indique que votre souffrance psychologique est intense, que votre cas le dépasse. Parlez-moi de votre expérience.

- Et bien voilà : j'étais là-bas.... Avec mes camarades.

- Vous y étiez ?

- Oui (silence prolongé). C'était dur, très dur ! J'ai vu des camarades tomber. Ceux qui sont rentrées étaient truffés de plomb et d'éclats de métal. D'autres avaient sombré dans l'alcool, la bière... Certains en ont perdu la raison. D'autres encore souriaient bêtement en permanence, l'air hagard, le regard vide. Moi je m'en suis tiré physiquement, mais je suis sujet au cauchemar. Comment expliquer tout ça à leurs femmes et à leurs enfants ?

- Dites «  le mot »

- Kulmbach, m'écriais-je en pleurs. Pourquoi m'en suis-je sorti et pas eux ? Personne n'est rentré indemne. Dans l'ambulance grise que je conduisais au retour, mes camarades, très marqués, en parlaient tout le temps, en frères et sœur d'armes. C'était la fraternité du feu. Mais nous voilà de retour à la vie civile. Nous sommes brisés.

- Vous souffrez du syndrome post-traumatique kulmbachien. Il est puissant. C'est un syndrome courant chez les sujets qui ont subi un choc sévère, comme un séisme de magnitude 9, la guérilla alsacienne ou la cuisine anglaise. Ses effets sont irréversibles et l'on peut craindre une addiction au jaune de mars. Parlez- moi encore.

- De temps en temps, nous avions des permissions à l'arrière, sur le stand. Mais nous savions les copains là-bas, seuls, abandonnés à leur terrible sort. Alors, on y retournait, encore et encore. C'était dur, très dur !

- Le mieux est encore de vous réunir entre vous. La thérapie de groupe est la seule efficiente, avec la quête sur la voie publique. Je crains que la guérison ne prenne du temps ; un an, sans doute deux. Je vous conseille également des loisirs paisibles comme la peinture ou la lecture de revues historiques.

- Merci docteur, je vais joindre les anciens et leur proposer une première thérapie de groupe le 21 septembre.

- Cela dit, par-delà les moments de honte et de détresse que vous éprouvez, vous pourrez dire fièrement à vos petits-enfants : «  aout 2013 à Kulmbach, mes camarades et moi, nous en étions ! »

Et il me prescrivit deux ans d'arrêt maladie.

Moralité : un plat d'étain dans la poche vaut mieux que deux tu l'auras.

             Fraternité kulmbachienne,

                                                                   Benoît

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UN MYSTERE ÉLUCIDÉ.

 

Lorsqu'il écrivit son roman «Les voyages de Gulliver» en 1724, Jonathan SWIFT n'imaginait pas que deux cent cinquante années plus tard, des chercheurs, pour ne pas dire des explorateurs, s'attacheraient à prouver que ce monde existait bel et bien !

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Depuis les années 1970, tous les deux ans, des expéditions de Gulliver modernes ont sillonné l'Europe pour tenter de délimiter le territoire pouvant être ce pays mystérieux. De nombreux indices laissaient à penser qu'il se situerait en Franconie, région située à l'Est de l'Allemagne actuelle.

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Suite à l'attrait et l'intérêt de la découverte, des équipes originaires de toute l'Europe se mobilisent et se lancent dans l'aventure. Finalement, la nouvelle était annoncée par tous les médias modernes : oui, Lilliput existe. En réalité, c'est l'Europe entière qui constitue ce pays, Europe dont les différents états sont, en fait, les régions qui le constituent.

Le plus étrange, c'est que les habitants de cet immense pays sont muets, et leur corps est constitué de métal, ce qui amenait certains à penser qu'ils sont des extraterrestres. De plus, ils n'ont pas tous la même taille et vont de 30mm à 120mm, les enfants mesurant en général de 15 à 25mm.Ils semblent, en plus, être immortels puisqu'il y en a de l'antiquité à nos jours.

Ces petits êtres sont si attachants que les membres des expéditions en adoptent à chacune de leur venue. Nos reporters ont identifié une expédition, constituée en majorité d'Alsaciens et de Lorrains, qui va quitter la France au mois du 8 au 12 août prochain pour se rendre en Franconie afin d'y écrire un chapitre supplémentaire et compléter leurs connaissances. Une confidence nous a été faite sous l'anonymat: ils ont décidé d'adopter d'autres Lilliputiens.

Une dernière information, la capitale de Lilliput s'appelle KULMBACH.

Bernard O.

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