Une petite histoire de moules

Entre les deux guerres mondiales un grand collectionneur français d’origine russe, Paul Armont(1), (de son vrai nom Dimitri Petrococchino) fit éditer un certain nombre de séries de figurines plates en étain 30mm. Parmi celles-ci, le fameux tournoi de la Toison d’Or, dessiné par Lucien Rousselot et gravé par Otto Thieme et Sixtus Maïer Cette série a été peinte à de nombreuses reprises par Wladimir Douchkine et on peut en voir une complète dans le livre de Paul Martin « Le monde merveilleux des soldats de plomb », ainsi que dans le superbe livre d’Alexander Baden lui a consacré. On trouve aussi trace de l’édition des figurines dans les numéros des années 1934 et suivante de la revue de la Société des Collectionneurs de Soldats d’étain (qui deviendra Société des Collectionneurs de Figurines Historiques)

Paul Armont décéda en 1943 et sa collection ainsi que les moules en sa possession furent dispersés aux enchères. Les moules de la série furent vendus un par un à des acheteurs différents, dont huit à Neckel qui les céda ensuite à Sixtus Maër qui en était le premier graveur. Les 20 autres moules disparurent dans la nature

La série actuellement disponible chez Maïer ne compte donc que 8 moules d’origines, les pièces manquantes ayant été redessinées par Hors Becker et Heinz Denk, puis regravées par Sixtus Maïer pour 3 d’entre elles et par Hans Waltz pour les autres  Malheureusement le niveau des dessins et de la gravure n’a plus rien à voir avec la série originale. La série a ensuite été complétée par 15 figurines complémentaires, plutôt bien gravées par Rieger

Ainsi, depuis 70 ans, les autres moules ont disparus de la circulation et trouver une figurine de la série originale relève du miracle.

Mais voilà, nous sommes à l’ère du web et des sites internet de vente aux enchères que mon âme de collectionneur me pousse à consulter régulièrement avec un certain bonheur

Et le 3 mars dernier quelle ne fût pas ma surprise de voir apparaître quatre moules dont un double, de la série d’origine. Un rapide contrôle sur ma documentation et je procédais à l’achat. Quelques jours d’une attente impatiente et je recevais ce petit trésor composé du moule double du Juge Arbitre et du Trompette (P69 et P70), de ceux du Duc de Bourgogne (P55), du Duc de Berg (P52) et de Guillaume de Vienne (P53), le tout en parfait état. Malgré mes recherches complémentaires je n’ai pu trouver trace des autres moules disparus

Comme je n’ai aucune compétence en fonderie j’ai pensé que la meilleure solution pour que les amateurs puissent profiter de ces figurines était de les confier en dépôt à l’AFCFEF, dont chacun connaît la qualité des figurines qu’elle édite.

Je suis donc ravi que Patrick et Jean-Luc aient bien voulu accepter cette formule et j’espère contribuer ainsi au bonheur de nos amis collectionneurs et peintres de plats d’étain.

On trouvera en annexe :

La liste des personnages de la série d’origine

La liste des moules d’origine chez Maër

La liste des moules retrouvés

La liste des figurines regravées chez Maïer

 

  1. Sur Paul Armont consulter le site http://www.flats-zinnfiguren.com/Armont/

 

Eric Talmant

Trompette

Philippe Le Bon

Guillaume de Vienne

Duc de Gueldre

(figurines originales à gauche)

 

 

 

 

Tournoi de la Toison d’Or

 

Série de 28 figurines dessinées par Lucien Rousselot et gravées par Otto Thiem (P51 à P61) et Sixtus Maïer (P62 à P78), éditée par Paul Armont entre 1934 et 1939

P51 Jean de Commines
P52 Le duc de Berg
P53 Guillaume de Vienne
P54 René Pot
P55 Philippe le Bon , Duc de Bourgogne
P56 Guy de Pontallier
P57 Jean de Luxembourg
P58 Jean de Roubaix
P59 Page du Duc de Bourgogne
P60 Roland d’Uytkerke
P61 Robert de Mamines
P62 et P63 le comte de Meurs et le comte d’Artois
P64 le duc de Montmorency et la bannière de France
P65 Jean de Vergy et la bannière de Bourgogne
P66 Héraut d’armes de Bourgogne
P67 Jean de la Trémouille à pied avec heaume en main
P68 Ecuyer et cheval d’ Antoine de Croy
P69 Le juge arbitre
P70 Trompette
P71 Timballier
P72 et P73 le Duc de Gueldre et René d’Anjou et de Lorrainne
P74 Ecuyer et cheval de Jean de la Trémouille
P75 Antoine de Croy à pied lance en main
P76 et P77 le Duc de Brabant et Jacques de Crèvecoeur
P78 Thiébaut de Neufchâtel

Actuellement disponibles :

Chez Maïer
P64, P65, P66, P74, P75, P76,P77,P78

Chez AFCFEF
P52, P53, P55, P69, P70

Autres figurines disponibles chez Maïer

Gravées par Sixtus Maïer
A3 le Roi de France
P67 le juge arbitre
P68 le trompette

Redessinées par Hors Becker et Heinz Denk :
-gravées par Hans Waltz :
P79 à P97 : Robert de Mamines, Roland d’Uytkerke, Jean de Commines, Page et Cheval d’Antoine de Croy, Jean de la Trémouille à pied, Guillaume de Vienne (le cimier est faux), Jean de Luxembourg, le Duc de Berg, René Pot (le cimier est faux et la housse inversée), le Roi de France, un page à pied tenant un heaume a cimier de fleur de lys, Guy de Pontallier, le Comte d’Artois, Frédérique de Meurs, René d’Anjou et de Lorraine, le Duc de Gueldre, un timbalier
-gravés par Rieger :
TM51 à TM63 : Jean de Créquy, Jean de Roubaix, Baudot de Noyelles, Jean de Melun, Gilbert de Lannoy, Antoine de Toulongeon, Hughes de Lannoy, Pierre de Bauffrémont, le roi de Castille, Philippe de Ternant, Simon de lalaing, David de Brimeu, Jacques de Brimeu

Auxquels s’ajoutent (sans numéro) : Philippe le Bon et le duc de Brunswick

Rappelons aussi les trois séries éditées par SEGOM dont on trouvera facilement le détail sur son site

 

LASALLE

« Tout hussard qui n'est pas mort à trente ans est un jean-foutre .»

Cette célèbre sentence de Lasalle tombé à 34 ans, le 6 juillet 1809 lors d'une des dernières charges de la bataille de Wagram, illustre parfaitement la personnalité de ce général considéré comme le modèle de l'officier de cavalerie légère.

Doté d'un excellent sens du combat, d'un oeil sûr et d'une grande réactivité, il était de ceux capables de faire basculer le sort d'une bataille. Homme aimable, joyeux compagnon, au franc parler, humain avec ses subordonnés, il était fort apprécié de ses soldats et de l'armée entière.

Né à Metz en 1775, Lasalle s'est illustré sur tous les champs de bataille de la Révolution et de l'Empire, de la campagne d'Italie en 1797, en passant par l'Egypte, la Prusse en 1806 à la tête de la terrible « Brigade infernale », l' Espagne ensuite et jusqu'à l'ultime campagne de 1809.

Figure emblématique des armées napoléoniennes, il a souvent été représenté en figurines notamment dans des états majors, en voici une nouvelle version en 54 mm. inspirée d'un dessin de Jack Girbal.

Figurine éditée par Félix Baret. Dessin et gravure Werner Otto.

Réunion au fort Rapp Moltke de Reichstett

 

Le 17 octobre dernier, la réunion mensuelle de l'AFCFEF était organisée au fort Rapp Moltke de Reichstett (banlieue nord de Strasbourg). Ce fut l'occasion de retrouver les copains (et copines) de la section figurine de l'ASLGA ; club local. Nous avons également rencontrer deux collectionneurs italiens de Rome et Milan qui souhaitaient faire la connaissance de notre club.

Le repas pris sur place a été suivi par la visite guidée du fort.

 

Le fort Rapp Moltke de Reichstett fait partie de la ceinture de 14 forteresses construites par les prussiens pour défendre la capitale alsacienne au lendemain de la défaite de 1870.

De forme pentagonale, c'est un fort à fossé sec qui a pu accueillir jusqu'à 800 hommes commandés par 15 officiers.

 

Depuis 2003, la gestion du fort est confiée à l'association "Patrimoine et histoire de Reichstett". Celle ci, en collaboration avec l'Association des Anciens Coloniaux continue l'entretien et la restauration des locaux. Ce sont des membres de ces associations qui nous ont chaleureusement accueillis, nourris et guidés dans notre visite des installations

 

Merci à eux et à Michel qui a initié cette journée aux portes de Strasbourg.

 

Plus de détails sur le Fort Rapp Moltke :ici

 

HOMMAGE A CHRISTIAN

 

Le 1er août dernier, Christian nous quittait, rejoignant les grands Maîtres qui l’avaient initié dans l’Art de la peinture des figurines historiques.

Devenu lui-même très tôt un « Maître » de la peinture « fine » il nous éblouissait par la qualité des ses œuvres, donnant à chaque figurine une personnalité peu commune.

Christian réalisait également des petites figurines de 20 mm dites de « Kriegspiel » qui, réunies en plaquettes donnaient à la fois un effet de masse digne de tableaux de scènes de batailles et une impression de relief grâce à un style bien particulier de peinture.

Christian Terana faisait aussi des aquarelles, il « habillait » à la demande les planches noir et blanc de divers auteurs comme Boisselier, Zweguintzow, Louis de Beaufort etc.…

 Christian s’était aussi lancé dans l’édition ou la réédition d’ouvrages anciens, les Susane, les Boppe, les Fieffe, les Sauzey … ainsi que de nombreuses planches.

 Il fournissait les collectionneurs de figurines plates de 10, 20 et 30mm venant de moules de divers graveurs sur toutes les périodes et en particulier celles allant de la Guerre de Trente Ans à celle de 1870.

 Christian a également fait partie d’un groupe de « kriegspieleurs » celui de Pierre Fouré et était un redoutable joueur.

 Christian a été de très nombreuses années membre et administrateur de la Sabretache après l’avoir été de la SCFH. Il en a été le distingué bibliothécaire.

 Il était connu et reconnu de tous. Chacun l’appréciait. Il était au centre du monde des figurinistes et collectionneurs de figurines historiques comme le catalyseur de ce cercle somme toute très restreint.

 Christian était familier des grandes expositions et bourses aux figurines : Kulmbach, Lunéville … où il participait, exposait et vendait.

 Il acceptait volontiers, pour les collectionneurs éloignés de Paris, de les représenter à Drouot, ou bien de leur ramener des figurines de Kulmbach tous les deux ans. Très discret et d’une grande pudeur, Christian était très à l’écoute et toujours prêt à rendre service.

 Dans son petit atelier, boulevard Kellermann, Christian peignait des figurines historiques le matin face à sa fenêtre à la lumière du jour 4 à 5 heures. Le mois de juin, avec sa belle lumière, était réservé à la très belle peinture fine. L’après-midi à droite de sa fenêtre pendant 4 à 5 heures, il « habillait » les planches qui lui étaient confiées.

 Christian travaillait sur toutes les époques, mais la Guerre de Trente Ans avait sa préférence et de loin.

 Il a consacré toute sa vie d’Artiste à l’histoire vue sous l’angle de la « couleur », la représentation des soldats et de leurs uniformes n’étant pas dépourvue d’harmonie, bien au contraire.

Christian Terana est parti rejoindre les anciens dont il est devenu l’égal : Douchkine, Boisselier, Rousselot, Leliepvre ainsi que tous les figurinistes et collectionneurs de figurines historiques qui nous ont précédés.

Luc Demazure

 

 

TRISTES NOUVELLES

Nous avons appris samedi la disparition d'un véritable ami de notre association. Christian Terana répondait présent à chacune de nos sollicitations pour nos salons. C'est une perte réelle dans notre petit monde, il était un peu le fédérateur des vieux, et moins vieux, collectionneurs de toute la France, notre trait d'union. Son érudition, sa profonde connaissance du monde de la figurine, sa disponibilité et sa gentillesse vont laisser un grand vide et, la semaine prochaine, nous ne verrons pas sa silhouette un peu voûtée arpenter nerveusement les travées encombrées du chapiteau de Kulmbach.

... et comme une mauvaise nouvelle ne vient jamais seule, dimanche, c'est la disparition de Sheperd Paine qui était annoncée. Qui parmi les plus anciens d'entre nous n'a pas rêvé devant les photos de ses figurines dans le catalogue Historex ?