TUTORIEL **LA PEINTURE DES CHEVAUX ** 2

 

Comme promis voici la suite de mes explications avec cette fois-ci un cheval blanc. Il s'agit d'un timbalier des Gendarmes de la Garde de Louis XV (figurine Ochel).
La base est sans surprise d'un blanc (blanc mélangé de chez Rembrandt) que j'ai ombrée avec un mélange de bleu indigo, (Sennelier), terre d'ombre brûlée (Lefranc Bourgeois), terre d'ombre naturelle ( Sennelier) et d'un peu de violet d'Egypte (Lefranc Bourgeois), en dosant selon les endroits de façon différente ces teintes pour éviter d'avoir quelque chose de trop uniforme. J'ai ajouté dans quelques creux un peu d'ocre doré et sous le ventre une pointe d'ocre jaune, le tout pour donner un peu de chaleur à la couleur et encore une fois d'éviter des tons trop uniformes. Pour éclaircir, ou du moins sur mes parties saillantes j'ai utilisé un peu de gris plombé (Charvin, le même que pour les crins noirs et les bottes ; c'est un bleu gris clair) additionné de blanc. L'essentiel étant à mes yeux d'éviter une couleur de robe trop binaire blanc/gris, d'où l'intérêt d'ajouter un peu de couleur. Ah, les sabots : fond terre d'ombre naturelle éclairci avec de l'ocre jaune et pour finir du jaune brillant (Lukas ou jaune de Naples clair +blanc).

TUTORIEL **LA PEINTURE DES CHEVAUX ** 1

 

"A la demande d'un ami, j'ai essayé d'expliquer ma technique de peinture des chevaux ou plus précisément les couleurs utilisées, le reste n'étant qu'une technique de fondus, et c'est lui même qui m'a suggéré d'en faire profiter les copains, voici donc mon modeste tutoriel pour la mise en peinture de ce maréchal d'Empire, dont je venais de finir le cheval. (Pour les spécialistes, il s'agit d'une figurine de chez Ochel).
La couleur de base est l'ocre doré de chez Charvin ; j'ai ombré avec une terre d'ombre brûlée (Goya), un peu d'ombre rouge (Old Holland) ; j'ai mis quelques pointes de rouge vénitien (Georgian) pour donner un aspect bai rouge. Pour éclaircir j'ai utilisé un jaune de Naples foncé (Norma) et pour finir du jaune de Naples clair de chez Sennelier. Les crins sont peints avec un mélange de noir d'ivoire (Sennelier) + terre d'ombre brûlée, j'éclaircis la partie basse de la queue avec de l'ocre d'or et le dessus avec un peu de bleu/gris clair (leaded grey de chez Charvin, c'est d'ailleurs un couleur que j'utilise beaucoup, notamment pour éclaircir les bottes noires, cela rend pas mal les reflets bleus ; c'est du reste ce que j'ai utilisé pour la botte du cavalier.
En écrivant, je me rends compte qu'il n'y a pas deux marques semblables, c'est un vrai catalogue des différentes marques d'huiles.

Je ne sais si cela peut vous aider beaucoup, j'aurai même un peu tendance à penser que je mets plutôt un peu la "pagaille", mais en cette période de confinement, nous avons (presque) tous du temps devant nous, et si cela ne vous sert pas, cela vous aura au moins fait passer un petit moment et dans le meilleurs des cas , donné envie de peindre votre cheval.
Une dernière précision, en ce qui concerne les marques de tubes, comme vous le voyez, j'utilise un peu de tout, en fait, en toute transparence, je me base surtout pour mes choix sur le critère de l'opacité, comme il est important que la couche de peinture soit très fine, il est d'autant plus nécessaire que la peinture soit bien couvrante. Enfin, je ne pourrai pas toujours citer avec exactitude les couleurs utilisées parce qu'il m'est parfois impossible de lire la couleur et même la marque de certains tubes tant il sont vieux, la part du mystère.
Et maintenant , travaux pratiques !"
Philippe

L’histoire extraordinaire des 20 mm plats français

 

50 ans de passion, 50 ans de création

              Une œuvre collective, une aventure unique sans équivalent, qui se poursuit depuis plus de cinquante ans, plus de  800 références de figurines éditées , voilà qui mérite d’être raconté. Remontons donc le temps dans l’univers de la figurine plate avec les matériaux dont nous pouvons encore disposer aujourd’hui, en croisant et confrontant publications, archives et souvenirs personnels.

 

 

 

 

          Le format 20 mm apparaît en Allemagne au milieu des années 1930 ; à l’époque il est conçu pour figurer en arrière plan de dioramas constitués de figurines du format habituel, le 30 mm.

          Mais ce format est également particulièrement adapté pour le jeu de guerre avec figurines (kriegspiel) . Tout d’abord celles-ci sont moins onéreuses à l’achat et peuvent se contenter d’une peinture moins détaillée. En outre, le 20mm autorise le déploiement de plus grandes grandes masses sur la table de jeu, et a l’avantage de pouvoir s’intégrer dans des éléments de décor existant (bâtiments, végétation) du modélisme ferroviaire à l’échelle HO.

          C’est ainsi qu’à côté des éditeurs allemands (Schirmer, Söllner, Tobinnus, Trips...), des collectionneurs membres de la Société des collectionneurs de figurines historiques, également membres pour la plupart de La Sabretache (les deux associations fusionnent en 1970), par ailleurs amateurs de kriegspiel, décident au siècle dernier d’éditer des figurines plates au format de 20 mm, destinées essentiellement à leur passe-temps, mais suffisamment fines pour figurer dans des dioramas. Ils le font soit individuellement soit de manière groupée, mais toujours en coordination.

 

Tout commence en 1966

          Cette année là, Jacques Meyniel commence ce qui est aujourd’hui l’une des collections les plus complètes sur le début de la période impériale (1805-1807). Les dessins sont alors de Jack Girbal (qui disparaît en 1972) et la gravure de Gerhard Söllner. Par la suite, le dessinateur principal sera Lucien Rousselot et le graveur attitré Daniel Lepeltier. Cette collection se poursuit toujours de nos jours et s'enrichit chaque année un peu plus.

Après cette ouverture vont suivre des années fastes de production (1967-1982)

          L’année suivante, 1967, Jean Belaubre, qui constate que les catalogues des éditeurs allemands ne comprennent que les armées occidentales pour le début du XVII° siècle, se lance dans l’édition des troupes polonaises pour une période allant de Stephan Bathory à Jean II Sobieski, soit globalement le XVII° siècle. Les dessins sont l’œuvre de Jean-Jacques Gilet, par ailleurs artiste-peintre, à l’exception des quatre premiers qui sont de Le Ruez. La gravure est de Raphaël Pepin pour toute la série (36 références), qui sera terminée en 1969 . La particularité de cette série c’est que les moules sont en fonte d'aluminium, l’ardoise de Thuringe, habituellement utilisée, étant difficile à se procurer en France à l'époque.

          Parallèlement à ces premières initiatives, individuelles, va se développer un projet collectif: à la fin des années 1960 se constitue dans la région parisienne, autour de Pierre Fouré, Jean Belaubre et Roger Bedot, un groupe de collectionneurs et de joueurs, en vue de l’édition de figurines 20 mm. Ce groupe, qui comprend également Jean-Jacques Gilet et le peintre Christian Terana, est resté dans les mémoires sous le nom de « groupe de kriegspiel de la Sabretache ».

          A partir de 1969, le groupe va faire paraître simultanément deux séries distinctes. La première est consacrée aux guerres de la fin du règne de Louis XIV en s'attachant d'une part à la guerre de la ligue d'Augsbourg, d'autre part à la guerre de succession d'Espagne. La seconde concerne la guerre de Trente ans. Les dessins sont de Jean-Jacques Gilet, Christian Terana, Gerhard Söllner, Lucien Rousselot et Jean-Luc Guitard. La gravure est d'abord de Raphaël Pépin, puis de Daniel Lepeltier qui commence son activité en 1974. Les deux séries s'arrêteront au début des années 1980 avec le départ de Pierre Fouré, cheville ouvrière du groupe, qui quitte la région parisienne pour rejoindre la Bretagne.

          Mais, entre temps d'autres initiatives avaient vu le jour.

          Il s'agit d'abord de celle de Luc Demazure pour le premier empire. Les figurines de Jacques Meyniel avaient en effet été conçues pour les campagnes de Prusse de 1806 et de Pologne de 1806-1807. On y trouve naturellement des français, des prussiens et des russes, mais aucun autrichien. Impossible donc de figurer complètement la campagne d’Allemagne de 1805. Luc Demazure va combler cette lacune en entreprenant à partir de 1976 l’édition de figurines pour l’armée autrichienne, sur la base de dessins d’abord de Christian Terana puis de Lucien Rousselot. Le graveur unique depuis le tout début est Daniel Lepeltier. Cette série, qui comprend 69 références, est achevée en 2017, avec la parution des officiers d'état-major, de l'infanterie légère et des pionniers.

          Cette même année 1976, Jean Belaubre engage l'édition d’une nouvelle série sur la guerre de Sécession. Jean-jacques Gilet est l’auteur de la quasi-totalité des dessins, Daniel Lepeltier en assurant la gravure. Les parutions s'arrêtent en 1982 ; la série, inachevée, comporte alors 54 références. Jean-Michel Vray fera paraître beaucoup plus tardivement, au début des années 2000, un complément de 4 figurines de cavaliers en combat à pied, sur la base de dessins de Jean-Luc Guitard remontant à 1982 !

 

          En 1978, Serge Kouchnir édite une petite série (15 références) sur la guerre de 1870, consacrée à l'infanterie de la garde impériale française. Il s'agit de compléter les nombreuses figurines consacrées à cette période par les éditeurs allemands. Les dessins sont l’œuvre de Lucien Rousselot et la gravure de Daniel Lepeltier.

          Il est également à signaler une toute petite série de 10 figurines sur les troupes turques pour la période 1500-1700 parue en 1970 à l’initiative de Christian Terana qui en a exécuté les dessins et dont la gravure fut confiée à Raphaël Pépin. Il n’a pas été possible d’en déterminer l’éditeur, de retrouver le projet auquel elle correspondait, ni enfin de savoir pourquoi elle comporte si peu de références.

Distribution, vicissitudes et spectre de la dispersion

            Les moules gravés, il reste à fondre les figurines et à en assurer la distribution. Deux voies différentes sont empruntées à l'origine selon l'éditeur.

          Jacques Meyniel, qui avait fait graver ses premiers moules en Allemagne par Gerhard Söllner, confie tout d'abord la distribution de ses figurines également en Allemagne, à Tobinnus, ce qui ne simplifie pas les choses. Dans le courant des années 1970, il emprunte le même circuit de distribution que le groupe de kriegspiel, Jean Belaubre, Serge Kouchnir et Luc Demazure. Les figurines de ceux-ci sont en effet dès le début distribuées par un des membres du groupe, Jean-Jacques Gilet. En 1976, la distribution de l'ensemble des figurines est reprise par Christian Terana, Jean-Jacques Gilet n'ayant plus le temps de s'en occuper (il quittera d'ailleurs peu de temps après la France pour s'installer en Toscane). Christian Terana, qui est également imprimeur, édite à la même époque un catalogue illustré, composé de feuillets volants de format A5, ce qui facilite les mises à jour.

           On l'a vu, les productions du groupe de kriegspiel s'interrompent au début des années 1980. Luc Demazure, pris par ses activités professionnelles, doit également à la même époque suspendre l'édition des troupes autrichiennes. Seul Jacques Meyniel poursuit l'édition pour le 1er empire, étoffant en particulier de manière conséquente les figurines consacrées à la cavalerie française.

          Au début des années 1990, Jacques Meyniel confie la distribution de ses figurines à une entreprise commerciale. L'essai est de courte durée et prend fin en 1994 avec la vente aux enchères de l'ensemble des moules de la collection. Comme c'est souvent le cas en pareille occasion on pouvait craindre sa dispersion alors qu'il s'agit d'un ensemble homogène qui possède sa propre unité. La dispersion a bien eu lieu, mais de façon toute relative. Luc Demazure a en effet pu racheter la plus grande partie des moules. Une minorité (24 moules représentant 64 figurines) a néanmoins été dispersée, comme par exemple les séries sur les Mamelouks ou l’artillerie à pied prussienne, et ces moules, qui n'ont sans doute plus jamais été utilisés, sont malheureusement aujourd'hui perdus pour la communauté des collectionneurs.

Relance et continuité

          A partir de 1994 les figurines qui avaient été éditées par Jacques Meyniel sont de nouveau distribuées par Christian Terana, et ce jusqu'à sa mort en 2015.

          A la même époque, Luc Demazure, avec au début le concours de Gérard Linsolas, reprend une activité d’édition pour le 1er empire, toujours pour le début de la période. Se plaçant dans une perspective de continuité, avec comme graveur attitré Daniel Lepeltier, il complète la collection en ne se limitant plus aux autrichiens. Sur des dessins de Daniel Lordey (de 1996 à 2000) et de Daniel Lepeltier, il fait paraître les troupes saxonnes, les troupes bavaroises, les hussards et uhlans autrichiens et russes, ainsi que l'artillerie à cheval française. Depuis 2016 les dessins sont réalisés par Jean-Luc Guitard. A partir de cette même année voient le jour des séries sur l'infanterie légère française, les cosaques, les gendarmes d'ordonnance, les gendarmes d'élite, et, nous l'avons vu, la fin de la série sur les autrichiens. Il n’est pas prévu que l’aventure s'arrête là. Il reste encore beaucoup à faire, en particulier en s’attachant à des troupes ayant opéré sur d’autres théâtres d’opération, plus méridionaux. Les projets sont nombreux, leur réalisation s'étalera sur plusieurs années.

           Le catalogue sur les figurines 1er empire disponibles (413 références à ce jour) est aujourd'hui en ligne sur le site Internet de l'Association des figurinistes et collectionneurs de figurines de l'est de la France (AFCFEF), dans la rubrique « Les figurines de l'AFCFEF/Nos adhérents éditent ». Luc Demazure est par ailleurs dépositaire de l'ensemble des autres collections, dont la principale est celle du groupe de kriegspiel.

          Ainsi, si des protagonistes du début ont aujourd’hui disparu, le relais a été pris, dans le même esprit qu'à l'origine, celui de collectionneurs passionnés de figurines et d'histoire militaire, dont le seul but est de faire vivre et partager leurs rêves, avec le désir intact de les transmettre.

Jean-Luc Guitard,

avec le concours de Jean Belaubre, Luc Demazure Gérard Linsolas et Daniel Lepeltier

février 2020

 

 

 

 

septembre 2019

 

La dynastie des Antonini à Rome

 Deux amis italiens de notre association ont entrepris de faire éditer un ouvrage sur une marque de soldats de plomb italienne que nous vous présentons ici.

 

 Une grande revue de soldats jouets produits en Italie pour trois générations d'Antonini et leurs principaux concurrents nationaux.

 Le grand-père Francesco a commencé la production à Rome en 1911 de soldats de plomb sous la marque « L.G.P. « 

 En 1927 il créa la nouvelle entreprise « F.I.G.I.R ». pour produire des soldats en composition.

 Son fils Luciano, au début des années soixante, a créé beaucoup de nouvelles séries de soldats jouets et figurines pour les collectionneurs.

 Certains d'entre eux sont consacrés à des sujets uniques au monde, par exemple ceux des soldats des États de la pré-unification italienne.

 En 1984 il ouvre "La Bottega del Soldatino" à Rome.

Ici, son neveu Lorenzo continue encore aujourd'hui à produire sur commande certaines des meilleures séries en utilisant les anciennes moules de la famille.

 

 Ce magnifique livre de Andrea Mancini et Francesco Marchiandi,se compose de:

 - plus de 200 pages imprimées entièrement en couleur;

 - plus de 250 sujets finement reproduits;

 - 5 chapitres documentant la production italienne de soldats en composition et en plomb;

 - une annexe finale richement illustrée.

 Le texte est en italien et en anglais, accompagné de beaucoup de photographies, pour illustrer dans les moindre details les modèles en permettent au collectionneur d’identifier les figurines et les modèles.

 Dans l'appendice photographique, de nombreuses grandes images enrichissent la documentation des figurines Antonini.

     Ces dernières années, de nombreux livres consacrés aux soldats et aux figurines ont été publiés.

   La tendance est de ne plus publier de livres généralistes sur le sujet, mais dédiés à des fabricants spécifiques parmi les plus connues entre les collectionneurs, avec l'intention d'approfondir les détails des productions anciennes, offrant une documentation photographique également très utile pour l'identification des marques, la datation des pièces, la reconnaissance des versions successives des figurines.

   Ces livres sont nombreux pour les marques étrangères, mais très peu pour les marques italiennes et tous consacrés à la production nationale de soldats jouet en composition (Confalonieri, Nardi, Rovello, SALPA, etc.).

    D'autre part, rien n'a jamais été dédié aux petits soldat des Antonini de Rome, la plus ancienne compagnie italienne encore en activité. Dans ce livre, nous racontons l'histoire de ces artisans talentueux qui ont produit des soldats de plomb et des soldats en composition, uniques en Italie. Leur histoire se déroule sur trois générations avec une variété de modèles vraiment impressionnante pour une petite entreprise de production. Leur assortiment a toujours été centré sur la représentation de l'histoire nationale, depuis les États en voie de pré-unification jusqu'aux les forces armées de la République italienne.

    Après tant d'années passées en Europe à chercher des soldats jouet, nous avons un grand groupe d'amis et d'amateurs partageant notre passion, dispersés un peu partout en Italie et à l'étranger.

    Avec ce livre, nous prévoyons de leur faire quelque chose qu'ils aiment afin qu'ils puissent mieux comprendre la production de figurines d'un fabricant italienne qui ne semble pas avoir été accordée assez d'attention dans la littérature.

 

    Si vous voulez des informations plus détaillées, obtenir un aperçu de quelques images des pages internes, connaître à l'avance la date exacte de sortie du livre ou savoir comment l'acheter, vous pouvez prendre contact avec le secrétaire de l'AFCFEF qui transmettra aux auteurs.

 

LES MAMELOUKS

 

Le 2 décembre 1805, au soir de la bataille d'Austerlitz, le mamelouk Mustapha Bagoune dépose aux pieds de l'Empereur un étendard pris aux Russes, s'excusant de n'avoir pris qu'un seul trophée.

 C'est l'un des exploits de ces soldats colorés et turbulent qui furent de toutes les campagnes de l'Empire jusqu'à l'ultime bataille de Waterloo.

 Débarqués à Marseille en 1801 avec les restes de l'armée d'Egypte aux côtés de laquelle ils ont combattu, les mamelouks, soldats égyptiens, coptes ou syriens, sont organisés en escadron sous les ordres du général Rapp. Intégrés à la Garde en 1802, ils sont réorganisés en une compagnie et rattachés définitivement en 1804 au régiment des chasseurs à cheval de la Garde avec lesquels ils feront campagne. A partir de 1808 et jusqu'en 1815, ils seront commandés par le chef d'escadron alsacien Kirmann.

 La célébrité du corps tient cependant, avant tout, aux incroyables et chatoyantes tenues à l'orientale directement issues de l'habillement porté en Egypte : la coiffure, le cahouk sorte de bonnet coloré entouré d'un turban (shal) blanc, la veste (béniche) et le gilet sans manches (fermelet ou yalek) sont confectionnés dans des étoffes et des couleurs variées (orange, bleu, violet, jaune,vert), enfin, le pantalon, très ample (charoual ou sarouel) est généralement de couleur rouge, plus ou moins foncée. Ajoutons à cela une large ceinture colorée et des bottes de cuir jaune, rouge ou fauve. L'armement est lui aussi inspiré des traditions orientales, ainsi voit-on les mamelouks arborer, à côté d'un armement classique de la cavalerie française, tromblon, masse d'arme, cimeterre, poignard et le fameux étui de cuir (koubour) porté à la ceinture et contenant deux pistolets. Le harnachement est quant à lui plus rapidement réglementé avec l'emploi d'une chabraque et porte manteau de drap vert à galon cramoisi et blanc.

 Les officiers se distinguent par des étoffes plus fines, souvent en soie, et de nombreuses broderies et tresses d'or, sans que les grades soient toujours distinctement marqués. A côté de l'uniforme oriental, l'uniforme de petite tenue est calqué sur celui des chasseurs à cheval, mais en drap bleu impérial. Cette petite tenue à la française équipera à partir de 1813 également la troupe.

 La proportion d'authentiques mamelouks a été beaucoup discutée, mais selon un historique du régiment, sur les 583 hommes passés en 15 ans dans ce corps, 209 sont d'origine orientale ou étrangère et 374 d'origine française, du fait des pertes ou des départs en retraite des soldats orientaux ont généralement été remplacés par des Français et à partir de 1813, les Orientaux ne forment plus que le tiers du corps.

 Ces extraordinaires soldats seront bien mal récompensés puisque les anciens mamelouks envoyés à Marseille y furent, sous la première Restauration (juin 1815), en grande partie massacrés par la population.

 C'est avec la fin de l'Empire que s'achève l'existence éphémère de ces soldats fidèles et hauts en couleurs, mais après la conquête de l'Algérie par la France seront créées dans les années 1830, des troupes de cavaliers indigènes, les spahis, héritiers de leurs illustres prédécesseurs, les mamelouks.

Philippe